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Kari Norman
Économiste
Canada : vers un dégel du marché de l’habitation?
Faits saillants
- Les ventes de propriétés existantes ont augmenté de 0,5 % au Canada en mars 2024, après une légère baisse en février. Le tableau 1 ci-dessous présente les principales données.
- Nous anticipons une croissance annualisée du PIB réel de l’ordre de 2,5 % à 3 % au premier trimestre de 2024. Cela correspond aux dernières prévisions de la Banque du Canada (BdC) publiées cette semaine Lien externe au site., qui sont de 2,8 %.
Implications
Le marché canadien de l’habitation pourrait commencer à dégeler. Les ventes de propriétés sont demeurées essentiellement stables en mars, ce qui est une amélioration par rapport à la baisse de février. Elles sont malgré tout toujours dans les normes saisonnières (graphique 1). Parallèlement, les prix moyens et les indices de prix de référence n’ont que peu ou pas changé. Cela est probablement attribuable à une combinaison de facteurs économiques. D’une part, l’apaisement des pressions inflationnistes sur les prix, jumelé à la récente hausse des salaires, a commencé à rétablir le pouvoir d’achat des ménages. Le marché du travail demeure également en assez bonne santé malgré un léger recul récemment. D’autre part, la baisse anticipée des taux hypothécaires pourrait inciter les acheteurs potentiels à attendre avant de bouger.
Le gouvernement du Canada a dévoilé hier une série de mesures Lien externe au site. visant à améliorer l’abordabilité, particulièrement pour les jeunes acheteurs d’une première propriété. Par exemple, il prévoit augmenter les retraits du REER dans le cadre du Régime d’accession à la propriété et prolonger le délai de grâce à cinq ans avant de devoir commencer les remboursements. Il a également indiqué que les premiers acheteurs de propriétés neuves pourront bénéficier d’un amortissement de 30 ans. De plus, un allègement de l’amortissement sera offert aux propriétaires actuels afin de réduire leurs mensualités hypothécaires, ce qui devrait être une bonne nouvelle pour ceux qui craignent d’être contraints de vendre au moment du renouvellement de leur prêt. Ces annonces font suite aux multiples mesures présentées depuis la fin du mois de mars pour améliorer l’abordabilité du logement au Canada.
Sur le plan régional, l’incidence de ces tendances nationales a été particulièrement diversifiée. Toronto a connu une baisse (désaisonnalisée) de ses ventes au cours des deux derniers mois, tandis que Vancouver a rebondi en mars après un déclin le mois précédent. Quoi qu’il en soit, les deux métropoles s’approchent d’un marché favorable aux acheteurs (graphique 2). Pour les trois premiers mois de l’année, c’est Montréal qui a connu la plus forte croissance des ventes parmi toutes les grandes villes que nous couvrons. À 22,0 % par rapport à la même période il y a un an, elle a battu les 16,9 % et 14,4 % de Toronto et de Vancouver, respectivement.
Les nouvelles inscriptions demeurent un indicateur à surveiller. Après deux mois d’augmentation, elles ont connu une légère baisse de 1,6 % en mars. Le temps nous dira si c’est un signe que les vendeurs potentiels attendent la baisse des taux hypothécaires dans l’espoir que les acheteurs potentiels s’activent.
Nous sommes toujours d’avis que la BdC commencera à réduire ses taux en juin, améliorant ainsi davantage l’abordabilité, ce qui pourrait stimuler la demande. Comme les ventes de propriétés existantes ont augmenté à la suite de la pause du resserrement de la politique monétaire au début de 2023, la BdC surveillera attentivement la situation pour éviter qu’elle ne se répète cette année.
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