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Marc Desormeaux
Économiste principal
Canada : des pertes d’emploi modestes aident à justifier une nouvelle baisse de taux
Faits saillants
- Le Canada a enregistré une baisse nette de l’emploi de 1,4 k postes en juin 2024. Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage, passant à 6,4 %, un sommet depuis janvier 2022. Il est à 1,6 point de pourcentage au-dessus de son creux de juin 2022. Le tableau 1 présente les principales données.
- Nous prévoyons une croissance annualisée réelle du PIB canadien d’environ 1,5 % au T2 2024, ce qui correspond à la projection de la Banque du Canada (BdC).
Implications
Les chiffres de juin 2024 étaient en grande partie négatifs. Les pertes d’emploi, bien que minimes, se sont concentrées dans les postes à temps plein, tandis que les heures travaillées ont diminué. De plus, la création d’emplois demeure beaucoup plus faible que le rythme requis pour suivre la croissance de la population, la plus élevée depuis des décennies (graphique 1), et le taux d’emploi a été à son plus bas depuis plus de deux ans.
La majorité des pertes d’emploi enregistrées en juin a été concentrée au Québec, mais le marché du travail continue de se détériorer dans la plupart des provinces. Selon les dernières Perspectives provinciales de Desjardins Lien externe au site., les économies provinciales les plus sensibles aux taux d’intérêt demeureront les plus pénalisées sur le plan économique. Par ailleurs, la croissance de l’emploi est inférieure aux gains de population dans les quatre principales provinces (graphique 2), et les écarts au Québec et en Alberta ont récemment rattrapé ceux de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, des provinces plus axées sur le logement.
Les gains de population ont encore une fois été exceptionnels d’un bout à l’autre du pays, mais nous pensons toujours que cet effet s’estompera au cours de l’année. Le plan d’Ottawa visant à réduire la population de résidents temporaires Lien externe au site., principal moteur des gains démographiques récents Lien externe au site., d’environ 20 % d’ici la fin de 2026 explique en grande partie ce refroidissement prévu. Une fois cette politique bien implantée, l’activité économique devrait être moins stimulée par la population. Cela pourrait contribuer à modérer davantage l’inflation et à atténuer la pression sur les loyers dans un contexte où l’offre de logements locatifs est limitée. Mais ces travailleurs temporaires ont également aidé à réduire le nombre de postes vacants Lien externe au site. et à contenir la pression sur les salaires.
Cela dit, les salaires se sont accélérés en juin (graphique 3), ce qui n’est pas idéal du point de vue de la maîtrise de l’inflation. Par contre, nous réitérons qu’il y a d’autres facteurs à considérer. Bien que cet indicateur puisse signaler un risque de spirale inflationniste par augmentation salariale, la BdC s’appuie sur un vaste ensemble de mesures de la rémunération pour décider de l’orientation de sa politique monétaire. Bon nombre d’entre elles affichent encore un taux de croissance plus modéré. La rémunération dans le secteur public contribue aussi davantage à la hausse globale des salaires que par le passé Lien externe au site., ce sur quoi la BdC va probablement se pencher.
Au bout du compte, les données de ce matin ne modifient en rien notre opinion selon laquelle la BdC réduira son taux directeur plus tard dans le mois. Même si l’inflation a augmenté en mai et que certains risques liés aux salaires demeurent, il est évident que le marché du travail se refroidit à l’échelle du pays. Cela devrait soutenir les efforts visant à contenir les pressions sur les prix au cours des prochains mois.
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