- LJ Valencia
Analyste économique
Canada : un été pas très ensoleillé pour les finances des ménages canadiens
Faits saillants
- Les ménages canadiens étaient plus riches au T3 2024, le patrimoine net ayant connu une solide augmentation de 1,7 % (288 G$) en variation trimestrielle. Cette bonne progression fait suite aux gains des actions, lesquels ont plus que compensé la légère baisse de la valeur des propriétés et l’augmentation des emprunts.
- Le rythme d’emprunt des ménages s’est accéléré par rapport au trimestre précédent, ceux-ci contractant 30,1 G$ de dettes supplémentaires. L’augmentation s’explique par les prêts à la consommation et les prêts hypothécaires. Néanmoins, ces derniers représentent la grande majorité de la hausse des emprunts des ménages (21,4 G$).
- L’endettement des ménages sur le marché du crédit a totalisé 3 003 G$ au T3. Cependant, en proportion du revenu disponible, il a reculé pour un sixième trimestre consécutif, s’établissant à 173,1 %. Toutefois, il n’est toujours pas loin du sommet historique atteint au T1 2023 (graphique 1). Quoi qu’il en soit, les ménages canadiens ont été, et de loin, les plus endettés du G7 en 2023. Et les données de 2024 suggèrent que cette situation n’a probablement pas changé.
- Par ailleurs, le ratio du service de la dette des ménages, soit la part du revenu disponible consacrée au remboursement de la dette, a légèrement diminué pour s’établir à 14,7 % au T3, après avoir été de 15 % au T2, pas très loin du sommet inédit atteint au T2 2023. Malgré cette légère baisse, cela indique une pression constante sur les ménages, d’autant plus que le ratio du service de la dette hypothécaire seulement s’est établi à 8,0 % au T3, légèrement sous le sommet historique de 8,2 % du trimestre précédent (graphique 2). Heureusement, l’évolution du ratio du service de la dette au T3 démontre que la croissance des remboursements de la dette (0,2 % en variation trimestrielle) a été largement surpassée par les gains dans les revenus disponibles (2,0 % en variation trimestrielle).
Implications
Bien que les ménages canadiens aient été plus riches au T3, les données sur leur bilan publiées aujourd’hui ne sont pas une très bonne nouvelle. Ils continuent d’être aux prises avec des taux d’intérêt élevés et des paiements hypothécaires coûteux. La vague de renouvellements hypothécaires à venir l’an prochain est une préoccupation importante, car plus de ménages pourraient être confrontés à des pressions financières accrues en raison de la hausse des paiements mensuels.
Cependant, ils savent se montrer résilients dans les moments difficiles. La consommation des ménages s’est accélérée au T3 2024 Lien externe au site. et pourrait gagner davantage de terrain avec le retrait de la TPS sur certains biens et l’envoi de chèques au début de la nouvelle année. De plus, le taux d’épargne a augmenté pour un sixième trimestre consécutif, pour s’établir à 7,1 %, ce qui démontre que les gens se préparent aux possibles effets négatifs sur leur santé financière qui pointent à l’horizon. Néanmoins, les ménages canadiens qui n’ont pas de prêt hypothécaire sont eux aussi confrontés à des tensions financières accrues, et ils doivent de plus en plus recourir aux cartes de crédit pour régler leurs achats.
Il ne fait aucun doute que les taux d’intérêt élevés fonctionnent, l’inflation Lien externe au site. étant depuis un certain temps égale ou inférieure à la cible de 2 % de la Banque du Canada (BdC). En effet, le marché du travail continue de se refroidir et le taux de chômage a augmenté en octobre Lien externe au site., et ce, malgré un gain de l’emploi pour un troisième mois consécutif. Cela dit, l’économie devrait faire face à d’importants vents contraires l’an prochain, surtout avec la menace des barrières tarifaires brandie par la deuxième administration Trump, ce qui fait augmenter les risques de baisse de la croissance économique Lien externe au site.. Par conséquent, le bilan des ménages au T3 ne change pas beaucoup nos perspectives concernant la politique monétaire. Nous nous attendons donc à ce que la BdC réduise à nouveau le taux directeur à cinq reprises en 2025 afin de contrer les pressions baissières sur les perspectives économiques.
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