- LJ Valencia
Analyste économique
Canada : influence considérable des tarifs douaniers sur le surplus commercial en janvier
Faits saillants
- Le solde commercial international du Canada pour les marchandises a bondi à 4,0 G$ en janvier, l’excédent le plus important depuis mai 2022 (graphique 1). Ce chiffre dépasse largement les attentes de 2,1 G$. Voir le tableau pour plus de détails.
- Les exportations de biens ont augmenté de 5,5 % en janvier par rapport au mois précédent, et les importations ont enregistré une hausse plus modeste de 2,3 %. Les exportations et les importations ont atteint des niveaux records de 74,5 G$ et de 70,5 G$, respectivement. En termes réels, les exportations ont progressé de 3,4 %, et les importations, de 1,5 %.
- Le surplus commercial du Canada avec les États−Unis est passé de 12,3 G$ à un niveau record de 14,4 G$ en janvier, coïncidant avec les menaces tarifaires sur les biens importés aux États−Unis (graphique 2). Entre-temps, le déficit commercial du Canada avec les pays autres que les États-Unis a légèrement diminué, passant de 10,6 G$ à 10,4 G$ au cours du mois.
- Le solde négatif des échanges dans le secteur des services s’est encore creusé en janvier pour atteindre 802 M$. Dans ce secteur, les exportations ont fléchi de 1,1 %, et les importations, d’un plus modeste 0,4 %.
Commentaires
Les tarifs douaniers ont eu une influence considérable sur les échanges commerciaux en janvier, poussant les entreprises américaines à augmenter leurs importations de biens canadiens en réaction aux droits de douane à venir. L’enquête de janvier de l’ISM Lien externe au site. indique que les entreprises sont extrêmement préoccupées par les tarifs et leur incidence sur les coûts. De plus, la dépréciation du dollar canadien a continué de stimuler les exportations et les importations nominales. À noter que, comme la plupart des transactions sont effectuées en dollars américains et converties en dollars canadiens, la dépréciation du huard se traduit par des volumes d’exportation et des prix à l’importation plus élevés.
Du côté des exportations, 9 des 11 catégories ont connu une hausse en janvier. Ce sont les exportations dans le secteur automobile (12,5 % par rapport au mois précédent) qui ont le plus progressé, les constructeurs automobiles américains ayant réagi aux menaces tarifaires. Les exportations de machines, de matériel et de pièces industriels (12,6 %) ont aussi progressé pour un troisième mois consécutif. De nouvelles avancées solides ont été observées dans les catégories comme les biens de consommation (7,8 %) et les produits énergétiques (4,8 %).
En ce qui concerne les importations, Statistique Canada a de nouveau souligné que la mise en place de l’initiative numérique de la Gestion des cotisations et des recettes de l’ASFC (GCRA) pourrait entraîner des révisions importantes des valeurs d’importation d’octobre 2024 à janvier 2025. Les données sur les importations devraient donc être prises avec un grain de sel. Cela dit, la hausse de janvier est principalement attribuable à la croissance des importations d’aéronefs et d’autres matériel et pièces de transport (+23,6 %), un secteur caractérisé par des fluctuations importantes au cours des derniers mois.
Implications
Le surplus commercial de 4,0 G$ de janvier risque d’être suivi d'un autre en février. En effet, les entreprises importatrices américaines ont clairement indiqué qu’elles sont en train d’augmenter leurs stocks en prévision des tarifs douaniers. Par conséquent, il est actuellement attendu que les exportations nettes devraient contribuer à hauteur de +2,6 points de pourcentage à la croissance prévue au premier trimestre. Cela laisse présager une croissance annualisée du PIB réel de 2 % au premier trimestre de 2025, une donnée conforme à la prévision de la Banque du Canada (BdC) dans son Rapport sur la politique monétaire de janvier 2025. Toutefois, la situation évoluera au cours du trimestre à mesure que nous obtiendrons de nouveaux résultats, que les données seront revues et que les contrecoups des tarifs américains appliqués en mars se feront sentir dans l’économie.
Certes, les données commerciales de janvier sont positives, mais elles sont un prélude à la guerre commerciale entreprise par la deuxième administration Trump (voir notre récente analyse Lien externe au site. des conséquences pour le Canada). Pour la suite, nous nous attendons à ce que les menaces tarifaires augmentent la volatilité tant des exportations que des importations, ce qui pèsera lourdement sur la croissance – et dans les décisions des dirigeants de la BdC.
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