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Développement des compétences

Jardins PurDélys : du virage bio au virage 4.0

11 février 2025

Lorsqu’il est question d’agriculture biologique, il vous vient à l’esprit l’idée d’une ferme, à petite échelle? Peu de gens le savent, mais à 15 minutes du pont Mercier se trouve le plus important producteur maraîcher biologique au Canada. Et c’est grâce à l’innovation technologique que l’entreprise agricole parvient à produire un si grand volume, tout en satisfaisant aux exigences de la régie biologique. Les entrepreneurs nous racontent. 

La techno au service du bio

Longtemps exploités selon les méthodes agricoles conventionnelles, les Jardins PurDélys ont pris le virage biologique il y a environ 20 ans. L’entreprise de Saint-Isidore-de-Laprairie cultive aujourd’hui une vingtaine de variété de fruits et légumes – tous à grande échelle –, ce qui représente un défi de taille en régie biologique.

Au champ, il faut veiller à la productivité des plants, sans avoir recours aux pesticides. « On utilise des procédés et des innovations technologiques issus du génie agronomique », explique le producteur maraîcher Denis Desgroseilliers. « On est tournés vers l’innovation depuis longtemps », ajoute la diplômée en agronomie et directrice générale adjointe, Geneviève Rodier.

Les technologies de pointe permettent à Jardins PurDélys d’agir plus rapidement et avec des méthodes plus douces. Par exemple, des capteurs de spores détectent les maladies avant que l’œil humain puisse le faire. L’imagerie par drone sert à identifier des parcelles de terre à risque d’être ravagées par un insecte ou une maladie. « L’une des approches de la régie bio, c’est d’être en prévention au lieu d’être en combat », souligne Denis Desgroseilliers.

« Les avancées qu’on fait grâce au génie agronomique dans l’agriculture biologique influencent aussi nos voisins producteurs en agriculture conventionnelle. Nous visons tous, dans nos pratiques respectives, la réduction des impacts des pesticides dans la consommation humaine et dans l’environnement. Tant mieux si la recherche réalisée dans nos champs, permet de faire avancer la cause au-delà de nos terres. Tout le monde est gagnant. »

Denis Desgroseilliers, directeur général, Jardins PurDélys

 

Plus agile, compétitive et résiliente

L’automatisation des procédés agricoles garantit également la traçabilité et la fraîcheur des récoltes. Les producteurs peuvent suivre les inventaires et faire des prévisions de récolte avec précision, du champ jusqu’au client final. « On peut donc garder notre inventaire au champ, bien enraciné, protégé naturellement, vivant et frais, pour le cueillir au tout dernier moment, et ce souvent le matin même », décrit le propriétaire de la ferme. Même pendant la cueillette, les équipes à l’œuvre sur les terres sont avisées en temps réel des commandes entrantes et peuvent ajuster la quantité de produits récoltés !

Jardins PurDélys évolue dans un marché hautement concurrentiel, où elle doit faire compétition aux fruits et légumes des producteurs américains, qui ne sont pas assujettis aux mêmes standards en matière de main-d’œuvre.

« Ce qu’on croit, c’est que les investissements technologiques qu’on fait nous donneront, d’ici 3 à 5 ans, une longueur d’avance et nous permettront de rester compétitifs face à ce déséquilibre », précise Denis Desgroseilliers. Le virage 4.0 est aussi un moyen pour l’entreprise d’être plus résiliente face aux risques des changements climatiques.

Le facteur humain

Sur la ferme, la robotisation et l’intelligence artificielle ne remplacent pas l’humain. « Déjà, il faut savoir que le coût astronomique de ces technologies est un frein important, surtout quand il est question de la robotisation des récoltes dans un contexte de polyculture », dit Geneviève Rodier.

Les agriculteurs font plutôt appel à des équipements d’aide à la récolte qui éliminent certaines tâches répétitives et physiquement exigeantes : sarcler le sol, désherber, récolter des brocolis… « Mais l’œil humain garde son habileté à trier les produits, à détecter les maladies, à observer », affirme le producteur maraîcher. « Les technologies raccordent l’humain au vivant. »

Jardins PurDélys n’en est pas à son premier déploiement technologique. Les dirigeants savent que la montée en compétence des équipes – qui sont formées en partie de travailleurs étrangers temporaires – nécessite temps et persévérance. Mais cette courbe d’apprentissage fait partie du processus. 

« Il ne faut pas se décourager quand on intègre de nouvelles technologies, il y a toujours une phase où la balance des avantages et des inconvénients paraît mince.  Il faut persévérer et continuer d'avoir une vision à long terme.»

-Geneviève Rodier, directrice générale adjointe, Jardins PurDélys


Qu'est-ce qui ne changera jamais dans votre entreprise, malgré les avancées technologiques ?

« L’humain reste au cœur de nos actions. On pense d’abord à l’humain qui va consommer notre produit – frais, sain et cultivé dans le respect de l’environnement –, à nos équipes et à la communauté qui nous entoure. Et ça, ça ne change pas », dit Geneviève Rodier.

« Au contraire, c’est la technologie qui nous permet d’atteindre ces buts », ajoute son partenaire. « C’est pour l’amour de la terre et du vivant qu’on s’est lancés dans tout ça – la technologie nous permet de maintenir cette flamme-là. »


Conseil Desjardins

La transformation numérique, une étape à la fois

La plus grande barrière qui se dresse devant les entrepreneurs en matière de transformation numérique, c’est de voir le projet comme une montagne. « C’est moins compliqué et moins gros qu’on le pense », dit Jean-Yves Bourgeois, premier vice-président, Services aux entreprises, Desjardins. Explications. 

Numériser ses comptes payables, avoir un système informatique de gestion des fournisseurs et des comptes clients, optimiser ses processus : « C’est aussi de l’automatisation, et ça fait partie du virage 4.0 », affirme Jean-Yves Bourgeois.

Pour les PME québécoises qui accusent une dette technologique, le risque de se lancer est moins important que celui de stagner. « Quand une entreprise commence à perdre des parts de marché, c’est signe qu’il faut se pencher sur les processus et s’assurer d’être compétitif dans un marché qui continue de croître, face à des compétiteurs qui eux continuent d’investir. »

Mais par où commencer ?

Le maillage entre entreprises est une formidable porte d’entrée, est d’avis Jean-Yves Bourgeois. « La meilleure façon de procéder, c’est de trouver des gens qui l’ont fait déjà. »

Tout un écosystème s’est bâti dans les dernières années autour du virage numérique. Programmes gouvernementaux, grappes d’innovation, solutions de financement, consultants spécialisés : les ressources sont nombreuses pour les entrepreneurs qui emboîtent le pas.

« Accompagner les entreprises dans leurs projets de transformation numérique, c’est une priorité chez Desjardins. Si vous avez un projet, commencez par parler à votre directrice ou votre directeur de comptes, qui connait les outils à la disposition des entreprises, et sauront vous diriger au bon endroit. »

Trouver du financement

En matière de financement de projets de transformation numérique, les équipes de Desjardins préconisent une approche flexible. « Souvent il y a des aides ou des subventions auxquelles nous on s’ajoute pour mettre en place une structure de financement moins rigide et avec des coûts moins élevés, dit Jean-Yves Bourgeois. Parce qu’évidemment, on parle de productivité, on ne veut pas réduire la marge de manœuvre et freiner les autres projets. C’est pourquoi on doit s’adapter à la réalité de chaque entreprise. »